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Nutri-Score : un score qualité apposé sur les produits alimentaires

Nutri-Score

nutri scoreQu’est-ce que c’est que ce score ?

Le Nutri-Score, c’est un logo à la manière des étiquetages environnementaux sur nos produits ménagers qui entre en vigueur en avril prochain sur les produits alimentaires.
Le principe est simple : cette vignette distingue par un code couleur (vert foncé, vert clair, jaune orange et rouge) les produits qui sont nutritionnellement bons pour la santé et ceux qui ne le sont pas. Sur le papier, ça a l’air bien, enfin une information simple pour savoir si ce que nous achetons est bon pour notre santé…Car il est bien vrai que bien peu de monde n’a ni le temps, ni les compétences (ni les yeux !!) pour décrypter la composition de nos produits alimentaires.

nutri score

Comment fonctionnent le Nutri-Score et que signifient les couleurs ?

Ce score apposé sur les produits s’appuie sur le score de Rayner, utilisé au Royaume Uni depuis 2005 pour définir les aliments pour lesquels la publicité auprès d’enfants est interdite.
Le Nutri-Score prend en compte les éléments à favoriser (fibres, protéines, fruits et légumes) et ceux à limiter (énergie, acides gras saturés, sucres et sel). Concrètement : le vert foncé signifie très bonne qualité nutritionnelle. Vert clair : bonne qualité. Jaune : bonne qualité. Orange : moyenne qualité et Rouge : mauvaise qualité. En gros : les verts peuvent être consommés régulièrement ; le jaune : occasionnellement et l’orange/rouge : rarement.

nutri score

Comment le calcul a-t-il été fait ?

serge hecqberg nutri score« On part des données sur les étiquettes, et on effectue un calcul très transparent, conçu par des confrères d’Oxford, explique Serge Hercberg, spécialiste de la nutrition à l’Inserm, dont les travaux ont servi de base au Nutri-Score. Ensuite, on l’a adapté aux spécificités de notre alimentation. » Chaque aliment se voit attribuer des points « négatifs » en fonction de sa teneur en gras, sucre, sel et son niveau calorique, ce score est ensuite minimisé par la teneur en protéines et en fibres.

Le score fonctionne finalement ?

L’objectif étant de nous faire favoriser des produits sains, le nutri score a été testé parmi d’autre logos et les résultats de l’étude sont positifs: nous achetons plus de produits s’ils sont étiquetés vert !

Une démarche positive mais non obligatoire

Le premier hic est le caractère non obligatoire de ce dispositif : en effet, les industriels ne seront pas obligés de  mettre le Nutri-Score sur tous leurs produits mais seront vivement encourager à le faire. Et là, vous êtes comme moi, vous vous dites que ça n’a pas de sens si tout le monde ne joue pas le jeu. Le problème vient en fait de la réglementation européenne qui, sous le lobby des industries agro-alimentaires en 2011, n’imposent aucun étiquetage nutritionnel obligatoire (hormis les informations nutritionnelles des étiquettes). Il ne peut donc qu’être « volontaire » car cela risquerait d’«entraver la libre circulation des marchandises, notamment donner lieu à une discrimination à l’encontre de denrées alimentaires provenant d’autres États membres». Au secours… La discrimination doit surtout se faire sur les produits qui sont mauvais pour la santé et rien d’autre, point barre. Et peu importe si les produits étrangers n’ont pas ces étiquettes, ils devraient se plier aux règles de l’UE et non l’inverse.

C’est que nous, consommateurs, nous avons le pouvoir !  En effet, puisqu’une grande majorité de nous souhaitent favoriser les produits sains, nous privilégierons les produits étiquetés et de surcroit,  avec un Nutri-Score vert. Les industriels qui n’auront pas joué le jeu, vont voir leurs parts de marché chuter et seront bien obligés de le faire, en favorisant les produits verts… Ça, c’est déjà un bon point.

Le nutri-Score ou un autre…

nutri scoreDe la même manière, les industriels n’ont pas l’obligation d’utiliser le Nutri-Score. Si Fleury Michon a indiqué qu’il l’utilisera sur l’ensemble de ses produits, il n’en n’est pas de même pour Pepsico, Coca-Cola, Mars, Mondelèz, Unilever et Nestlé  qui ont indiqué qu’ils lanceraient leur propre logo. Nous pensons qu’il est temps de travailler ensemble pour développer un code couleur harmonisé à l’échelle européenne, qui inclut des recommandations allant vers de plus petites portions », affirme Hubert Weber, président Europe de Mondelez International.

Leur proposition est de perfectionner le dispositif basé sur les repères nutritionnels de référence, en le complétant par un code couleur favorisant son interprétation. « Aux côtés de la reformulation et de l’innovation, des portions plus petites jouent un rôle clef dans des choix consommateurs plus sains », ajoutent-ils. Des tailles de portion plus réduites auraient l’avantage d’inciter les consommateurs à pondérer les niveaux de consommation. Et de réduire mécaniquement la proportion de codes couleur rouges …Qui est dupe ?

Un jeu d’intérêts, entre juge et partie.

Le 2ème problème de cet étiquetage est avant tout que des industriels de l’agro-alimentaire ou de la distribution ont participé activement à l’élaboration de cet étiquetage. Le comité scientifique qui a été en charge de l’étude de ce dispositif est composé de 14 personnes dont 5 faisant partie du secteur. Concrètement, c’est Benoît Vallet, le directeur général de la santé qui préside le comité de pilotage. Il partage le fauteuil avec Christian Babusiaux, qui est depuis avril 2015 président du Fonds français pour l’alimentation et la santé (FFAS), une organisation financée par l’industrie agroalimentaire. Parmi les autres membres du comité, on retrouve également des représentants de la grande distribution et des industriels de l’agroalimentaire. Ce problème d’intérêts a d’ailleurs poussé 6 des 14 personnes a démissionné dont la député Michèle Rivasi.

nutri scoreLa ministre de la Santé, Marisol Touraine, reconnait qu’il y a eu un fort lobby pour que le projet du Nutri-Score n’ait pas eu lieu : l’industrie aurait dépensé un milliard d’euros pour que ce projet soit abandonné : selon de nombreux euro-députés, c’est la campagne de lobby la plus importante depuis celle de l’automobile lors du projet visant la réduction des émissions de CO2. Soutenu par Stéphane le Fol qui était contre cette étude, cette campagne de lobby consistait entre autres, à noyer de mails les députés sur des points de détails (parfois plus de 250 par jour pour certains !!).

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Ce qui est rassurant, c’est que finalement le projet a eu lieu et a abouti à un résultat fiable et simple. Alors, encourageons les industriels, par nos achats,  à fabriquer des produits de meilleure qualité, il en va de notre santé et de celle de nos enfants…

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